Rencontre avec David Georges : cap sur le multimodal pour le Groupe Combronde !
Présent à Top Transport Saint-Malo début juin, le groupe Combronde, 80 ans d’existence, 1 200 collaborateurs et 650 camions, affiche une stratégie de décarbonation ambitieuse articulée autour du ferroviaire et des poids lourds électriques ou circulant en HVO. David Georges, Responsable commercial, détaille les choix stratégiques de ce groupe 100 % familial et 100 % français, convaincu que la transition énergétique ne peut se faire sans l’humain au cœur du dispositif.
Pouvez-vous vous présenter ainsi que le Groupe Combronde ?
Je suis responsable commercial du groupe, en charge du développement des activités de transport, logistique et multimodal.
Le Groupe Combronde est un groupe 100 % familial qui a fêté ses 80 ans en 2025. Quelques chiffres pour en donner la mesure : 1 200 collaborateurs, 650 camions, 300 000 m² d'entrepôts logistiques, et 25 sites répartis sur le territoire national, dont 9 plateformes multimodales.
Nos agences couvrent cinq grandes régions : Auvergne-Rhône-Alpes, PACA, Aquitaine, Centre-Loire et Nord. Nous sommes implantés exclusivement en France.
Où en êtes-vous dans votre trajectoire de décarbonation et quels sont vos objectifs ?
Nous avons une grosse stratégie ferroviaire. Le groupe investit fortement dans le développement de plateformes multimodales pour réaliser des trains mixtes, conteneurs et caisses mobiles. La dernière ligne que nous avons développée en propre relie Arles à Izon, et nous gérons l'ensemble de la chaîne : nos camions partent de chez nous, rejoignent nos plateformes, et le train prend le relais.
En parallèle, nous travaillons à la décarbonation des flux de nos clients via les biocarburants (HVO) et surtout les camions électriques. Nous en exploitons 12 aujourd'hui, une quinzaine supplémentaires arrivent prochainement, avec un objectif d'environ 100 véhicules à terme. Nous avons 650 camions aujourd'hui, nous ne cherchons pas à en avoir 1 000 demain. Ce que nous voulons, c'est développer nos plateformes multimodales et étoffer notre plan de transport ferroviaire. Des flux aujourd'hui assurés par camion basculeront progressivement vers le train, ce qui libérera de la capacité routière pour d'autres activités.
Au-delà de l'enjeu environnemental, ces nouveaux schémas répondent aussi à une réalité sociale. Pendant longtemps, les conducteurs appréciaient de partir le lundi et de rentrer le vendredi soir. Aujourd'hui, ils veulent rentrer chez eux chaque soir, auprès de leur famille. Le ferroviaire permet précisément de raccourcir les tournées et de répondre à cette attente.
Quelles sont les principales contraintes qui freinent le passage à grande échelle au multimodal ou aux énergies alternatives ?
Pour le ferroviaire, le premier frein reste l’infrastructure : on ne peut pas faire du train partout. Par exemple, un client souhaitant relier Lyon à Bordeaux se heurte à des infrastructures encore incomplètes. Les niveaux d’investissement sont importants et l’image du ferroviaire souffre encore d’une perception de manque de fiabilité, notamment sur les délais. C’est pour cela que nous voulons être autonomes sur nos outils et nos équipes.
La contrainte économique existe aussi, mais on arrive aujourd’hui à la réduire de manière assez pertinente. Et de toute façon, pour être un acteur moteur, il faut être pertinent économiquement.
Utilisez-vous déjà des outils d’intelligence artificielle dans votre activité ?
Nous nous y intéressons. Un chef de projet a commencé à explorer ce que l’IA peut apporter dans nos exploitations et dans nos métiers du transport, notamment pour automatiser des tâches récurrentes. Mais il y a une ligne directrice : ne pas impacter le relationnel client. Conserver le côté humain est impératif.
Quel regard portez-vous sur le véhicule autonome dans le transport longue distance ?
J’ai du mal à l’imaginer dans nos métiers. Pour des schémas très automatisés, sur des sites fermés, du géoguidage ou téléguidage, pourquoi pas. Mais des camions autonomes sur la route, en longue distance ? Je n’y crois pas trop. Notre métier reste avant tout un métier d'humain.
Pourquoi avoir choisi d’être présent à Top Transport cette année ?
C’est une première à Saint-Malo pour nous, nous étions habituellement à Marseille. C’est un salon très qualitatif : les rendez-vous sont déjà qualifiés en amont. Les interlocuteurs sont de vrais décideurs, qui viennent avec une idée précise de leurs besoins ou que nous avons sollicités parce qu’ils sont dans des zones où nous cherchons à équilibrer nos flux. On peut aller loin dans les discussions, rapidement. Et c’est aussi l’occasion de renforcer le relationnel avec des clients existants.
L’ancrage Grand Ouest de Saint-Malo a-t-il une signification particulière ?
Nous avons une agence à Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire (49).Saint-Malo n’est pas très loin et peut répondre à des équilibrages de flux. Avec notre ligne ferroviaire, on peut faire du Bordeaux-Arles et travailler avec des chargeurs de la région : on fait descendre des camions sur le train, on prend le train. C’est une opportunité de capter de nouveaux clients sur un secteur où nous avons des besoins.
Quel message souhaitez-vous laisser aux lecteurs d’Europe-Camions.com ?
Je dirais qu’il y a une composante importante dans nos métiers, c’est l’humain, avec une notion de service forte. Nous faisons face à une problématique réelle : les temps d’attente parfois trop importants sur les sites de chargement et déchargement, qui pénalisent nos activités. Il y a une décarbonation en marche, de nouvelles solutions, mais l’humain est forcément là.
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