Grève des routiers : les négociations salariales au point mort
Lundi 9 février 2015, l'ultime séance de négociations salariales dans le transport routier de marchandises s'est conclue sur un échec.
Après trois mois de négociations houleuses sur les salaires conventionnels du transport routier de marchandises, les organisations patronales et syndicales n'ont pas pu aboutir à un accord ce lundi 9 février. Les fédérations patronales FNTR-TLF-UNOSTRA et OTRE n'ont en effet proposé qu'une revalorisation salariale de 2 % pour les plus bas salaires, loin des 5 % pour tous, réclamés par l'intersyndicale des salariés (CGT, FO, CFTC et CFE-CGC).
Les responsables de l'intersyndicale doivent se retrouver le 11 février à 18h pour décider de la suite à donner à leur mouvement social, entamé le 18 janvier dernier. Une réunion à laquelle devrait aussi participer l’Union Fédérale Route FGTE-CFDT, syndicat majoritaire, qui avait fait cavalier seul lors des précédents mouvements de blocage.
Des salaires inférieurs au Smic dans le secteur des poids lourds
« Sur les 2%, c'est comme s'ils donnaient zéro parce qu'ils rattrapent le Smic », a commenté Patrice Clos, représentant du syndicat FO. Les coefficients de la grille les plus bas sont en effet aujourd'hui inférieurs au salaire minimum, obligeant les entreprises à verser aux salariés un complément quand elles appliquent les taux conventionnels à l'embauche. Qualifiant les négociations d' « échec total », le président de la CFTC Transports Thierry Douine a de son côté accusé le patronat de faire preuve d'un « dogmatisme très important ».
Difficultés de négociations entre le patronat du transport routier et les salariés
Les syndicats réclamaient également l'instauration d'un 13e mois et la suppression de la carence maladie (voir plus bas). Des revendications que le patronat avait qualifiées d'« irréalistes » et de « déconnectées des réalités économiques ». Dans un communiqué, l'OTRE estime que ce nouvel échec, attribuables à la « fermeture d'esprit » et au « manque de responsabilité » des organisations syndicales, est « un énorme gâchis et un rendez-vous manqué pour la profession dans son ensemble », alors que les dossiers de la réforme des classifications des salariés ou la redéfinition des temps de travail ont été renvoyés « aux calendes grecques ».
Vers une reconduction de la grève des routiers ?
Nicolas Paulissen, le délégué général de la FNTR, a pour sa part rappelé que les concessions du patronat étaient « loin d'être négligeables », d'autant qu'elles devaient être accompagnées de l'ouverture d'autres dossiers comme les classifications et l'évolution de la protection sociale, « qui traitaient indirectement aussi de la rémunération des salariés ».
Les fédérations patronales espèrent néanmoins que cette négociation avortée ne gèlera pas l'ensemble du dialogue social, alors que la CFDT avait menacé la semaine dernière de ne pas signer l'accord global sur la formation professionnelle en cas d'échec de ces négociations.
Ce que réclament les syndicats de salariés :
- Une augmentation de leur pouvoir d'achat d'au moins 100 € par : un taux horaire minimum de 10 € pour les coefficients les plus bas à l'embauche, une revalorisation salariale de 5 % pour tous les salariés, et la mise en œuvre d'une ancienneté linéaire.
- L'ouverture de négociations pour la gestion des fins de carrière, une vraie mise en place de l'inaptitude pour une protection sociale plus forte.
- Le respect des garanties conventionnelles existantes.
- La mise en place d'un 13ème mois.
- La suppression de la carence maladie.
Ce que proposent les fédérations patronales :
- Une revalorisation salariale entre 1 et 2 % selon les coefficients.
- La rénovation des classifications métiers.
- Les évolutions d'une protection sociale spécifique.
- L'adaptation de la formation professionnelle.
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