Pas d’augmentation des salaires dans le TRM en 2015
Réunis une nouvelle fois le 26 mars 2015 pour négocier les salaires dans le TRM, les représentants syndicaux et patronaux ne sont toujours pas parvenus à un accord, renvoyant les prochaines négociations à l’année prochaine.
Convoquée par le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies suite aux nouveaux blocages routiers du 15 mars 2015, la nouvelle séance de négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires dans le transport routier de marchandises n’a pas davantage abouti à un accord que les précédentes organisées depuis novembre 2014. « C’est terminé, on n’aura rien en 2015, et en 2016, avec l’augmentation du Smic, la grille va encore se tasser en dessous », a déploré Thierry Douine, président de la fédération des transports CFTC, à l’issue de cette réunion houleuse, perturbée au bout de quelques heures par l’intrusion de quelques 200 militants.
Les représentants patronaux séquestrés pendant deux heures
Les militants ont en effet séquestré les négociateurs patronaux pendant deux heures dans les locaux de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) Ile-de-France à Aubervilliers, où se tenait cette nouvelle séance de négociations. Des « comportements inacceptables » qui font que les fédérations patronales FNTR, TLF et Unostra, « ne retourneront pas à la table des négociations » dans ces conditions, ont-elles réagi dans un communiqué envoyé le jour même. Après avoir manifesté devant les locaux, les salariés en colère avaient envahi la salle après une interruption de séance.
« Ils étaient énervés, mais c’est logique : ils font face au dogmatisme profond des patrons qui ont pourtant la capacité de faire décoller les grilles du Smic », a constaté M. Douine, qui dénonce avec l’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-CGC-FO, la « smicardisation de la profession ». En effet, faute d’accord depuis 2012, aucune augmentation conventionnelle n’a eu lieu, si bien qu’aujourd’hui, 4 grilles sur 5 commencent en dessous du salaire minimum, pour les 330.000 salariés du secteur.
Seule l’OTRE a présenté de nouvelles propositions
Les représentants syndicaux avaient pourtant revu leurs positions à la baisse, réclamant 4% d’augmentation au lieu des 5% initiaux. Un objectif qui demeure « inatteignable », compte tenu des difficultés économiques du secteur, pour le trio FNTR-TLF-Unostra, qui est resté sur ses propositions initiales, soit 1 à 2% d’augmentation selon les coefficients. Seule l’OTRE avait proposé d’ajouter à sa première proposition – 1,4 à 2,2% d’augmentation – une seconde étape de +0,4 et +0,6% au 1er octobre 2015, « à la condition que la mesure de la loi Macron destinée à lutter contre le dumping social soit votée et entrée en application ».
Pour M. Douine, cette nouvelle proposition « ressemble plus à du chantage » : « Je ne veux pas conditionner un accord sur la rémunération au problème du dumping social, ça n’a rien à voir », a-t-il déclaré à l’issue de cette réunion. Selon lui, de toute façon, « personne aujourd’hui n’est en capacité de contrôler » l’application d’une telle mesure, qui envisage que les chauffeurs routiers étrangers travaillant en France soient au moins payés au Smic. En attendant, le syndicaliste donne rendez-vous au patronat en 2016 « et là, ce sont les salariés qui vont s’énerver », a-t-il prévenu.
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