Une conférence nationale sur la logistique pour consolider la position de la France
Initialement prévue fin 2014, la conférence nationale sur la logistique, qui vise à consolider le secteur dans la compétition internationale, rendra ses premiers travaux le 9 juillet 2015. Les acteurs de la filière sont appelés à apporter leurs contributions jusqu’au 15 mai.
Inscrite à l’article 41 de la loi Infrastructures et services de transport du 28 mai 2013, la conférence nationale sur la logistique était initialement prévue pour la fin de l’année 2014. Elle a finalement été annoncée pour cet été par Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports à l’occasion de l’ouverture de la Semaine internationale du transport et de la logistique (SITL), le 31 mars 2015. Préparée conjointement avec le ministère de l’Économie, son objectif est de « consolider la position de la France dans la compétition mondiale ».
Une vision logistique qui n’existe pas encore en France
« La France se situe parmi les pays à la logistique reconnue comme étant la plus performante au niveau mondial », a déclaré le secrétaire d’État. « Mais cette position n’est pas acquise tandis que, ces dernières années, certains pays ont fait de la logistique un axe majeur de leur politique de compétitivité ». C’est notamment le cas des Pays-Bas, de la Belgique, du Royaume-Uni, de la Chine, et surtout de l’Allemagne, qui a initié dès 2009 un Masterplan logistik. Une politique qui a permis de conforté la position de leaders mondiaux tels que DHL, DB Schenker, Dachser ou Rhenus Logistics, et de développer l’activité des ports allemands, comme celui de Hambourg.
« Nous avons besoin d’une vision logistique en France, qui n’existe pas. Ce plan directeur nous fait défaut quand on parle d’aménagement du territoire, de développement économique local ou dans le domaine énergétique », a pour sa part constaté François-Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône, qui préside cette conférence nationale. Elu en 2012, François-Michel Lambert est un expert en logistique, qui fait partie du cabinet Jonction, adossé au Centre de recherche sur le transport et la logistique (CRET-LOG) de l’Université Aix-Marseille. Il est également le président-fondateur de l’Institut économie circulaire et vice-président de la commission Développement durable et aménagement du territoire de l’Assemblée nationale.
Un questionnaire en ligne pour recueillir les contributions
Après la remise d’un rapport d’un comité scientifique d’une trentaine d’experts présidé par Michel Savy, professeur émérite à l’Université Paris-Est, à Alain Vidalies le 18 mars 2015, le gouvernement souhaite désormais recueillir les contributions des acteurs du secteur. Les transporteurs, chargeurs, intégrateurs, gestionnaires de flux, spécialistes de l’immobilier d’entrepôt, collectivités territoriales, chercheurs ou formateurs ont jusqu’au 15 mai 2015 pour répondre à un questionnaire en ligne.
« Les résultats de la consultation doivent contribuer à mieux connaître les besoins et priorités des acteurs concernés à l’égard notamment des pouvoirs publics », souligne un communiqué du ministère. Les pistes d’amélioration tournent autour de 4 thèmes principaux : la performance des entreprises, les compétences et la formation, la recherche et l’innovation, et l’insertion des activités logistiques dans les territoires. Un comité, composé de députés et de sénateurs investis sur le sujet, sera ensuite chargé du suivi des actions de la feuille de route.
Un Observatoire de l’emploi logistique pour créer de nouvelles données
Pour soutenir l’action du gouvernement, l’Afilog, association professionnelle représentant tous les métiers de la supply chain et de l’immobilier logistique, avec l’appui du cabinet Jonction, a annoncé le 23 avril 2015 la création d’un Observatoire de l’emploi logistique. Sa première mission sera de mettre en place des définitions précises et une méthodologie explicite afin de livrer rapidement aux pouvoirs publics des données exploitables sur l’emploi de ce secteur.
Actuellement, les données statistiques « sont en général uniquement prises en compte dans le transport de marchandises et ne couvrent qu’une partie de la « chaîne », oubliant ainsi des pans entiers d’activités car non répertoriés « logistique » : commerce de gros, grande distribution, industrie, immobilier logistique », souligne son communiqué. Toutes branches confondues, la logistique représenterait 1,8 millions d’emplois directs en France et 10% de son PIB, en faisant son 5e pôle d’activité.
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