Le Freightliner Inspiration Truck, premier camion autonome au monde autorisé à circuler
Le constructeur automobile Daimler vient de présenter à la presse américaine le premier camion semi-autonome autorisé à circuler sur les routes du Nevada.
Le 5 mai 2015 à Las Vegas, aux Etats-Unis, le gouverneur du Nevada Brian Sandoval a fait symboliquement poinçonner les plaques d’immatriculation de deux camions Frightliner semi-autonomes, baptisés Freightliner Inspiration Truck, en présence de Martin Daum, le PDG de Daimler Trucks North America. C’est la première fois au monde qu’un camion autonome est autorisé à circuler sur des routes publiques.
La presse américaine a ensuite été conviée au barrage Hoover, qui a servi d’écran de projection géant pour présenter ce nouveau modèle de camion autonome, grâce à 60 projecteurs placés à 800 mètres de là. Ce show à l’américaine s’est terminé par une démonstration des tracteurs équipés de semi-remorques, qui ont effectué un trajet à travers le désert du Nevada. Testés auparavant sur 16.000 km de routes privées, les deux poids lourds autonomes ne peuvent pour l’instant être utilisés que pour une circulation commerciale.
Une technologie qui améliorera la sécurité et protégera l’environnement
« La technologie autonome de véhicule que nous présentons dans le Freightliner Inspiration Truck aidera à réduire les accidents, améliorer la consommation de carburant, réduire la congestion routière et protéger l’environnement », a déclaré Wolfgang Bernhard, dirigeant de la division camions et bus du groupe Daimler. Grâce à l’intelligence artificielle qui optimise la consommation de carburant, ce camion émettrait en effet environ 5% de CO2 en moins. En outre, deux camions autonomes peuvent également se coller en toute sécurité, et profiter de leur aérodynamique afin d’économiser du carburant.
Ces camions semi-autonomes sont équipés d’une caméra au niveau du pare-brise et d’un système de radars dans le pare-chocs. La caméra utilise la reconnaissance optique du marquage au sol et du relief sur 100 mètres, avec un angle horizontal de 45 degrés et un angle vertical de 27 degrés, afin d’adapter le rapport de la boîte de vitesse. Un faisceau laser scanne la route à 18 degrés, avec une portée maximale de 250 mètres, tandis qu’un autre de 130 degrés permet d’analyser l’environnement, avec une portée de 70 mètres.
Un système idéal pour les routiers indépendants
Ce système de pilotage autonome baptisé Highway Pilot permet de garder une distance de sécurité avec les autres véhicules et de rester sur la voie. Il est également en mesure de reconnaître les lignes au sol, les panneaux routiers et les feux de signalisation. Le chauffeur n’est nécessaire que lors des phases de dépassement, de changement de files ou lorsqu’il y a un incident, comme des travaux par exemple. Sur les autoroutes et les longues portions de lignes droites des routes américaines, ce système permet ainsi d’éviter la fatigue ou la perte d’attention du chauffeur.
Idéal pour les routiers indépendants, qui peuvent ainsi passer des coups de téléphones ou envoyer des mails professionnels sans regarder la route, en toute sécurité, ce système utilise le logiciel Adaptative Cruise Control, développé pour le Future Truck 2025 de Mercedes-Benz, présenté en juillet 2014. Il permet au conducteur, qui ne peut pas quitter son siège, de passer en mode conduite autonome ou de reprendre les commandes à tout moment dès qu’il le désire, depuis le tableau de bord.
Le chauffeur reste responsable en cas d’accident
Les autorités américaines ont conçu un barème à 4 échelons classant le niveau d’intelligence des véhicules autonomes : ce camion atteint le niveau 3, comme la Google Car également testée en ce moment au Nevada. Ce niveau signifie que le véhicule peut prendre complètement le contrôle de la conduite, mais que le conducteur peut la reprendre immédiatement à tout moment.
Selon Wolgang Bernhard, l’intelligence artificielle embarquée sur les véhicules de niveau 3 ne peut être tenue pour responsables en cas d’accident, car ces véhicules circulent sous le contrôle et la responsabilité du conducteur. Ils ne doivent donc être considérés que comme des aides à la conduite, comme le régulateur ou le limiteur de vitesse automatique.
Aujourd’hui, seuls 4 Etats américains ont légiféré pour permettre la circulation des véhicules autonomes sur leurs routes. Cette expérimentation devrait permettre au groupe de proposer à la commercialisation son premier camion autonome aux alentours de 2025, aux Etats-Unis mais aussi en Europe.
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