Le carrossier industriel Lamberet racheté par la holding chinoise Avic
Le spécialiste de la carrosserie frigorifique, qui a opéré un redressement spectaculaire en doublant son chiffre d’affaires en cinq ans, vient d’être racheté par la société Xinfei France, filiale du groupe chinois public Avic.
Après le rachat du groupe Norbert Dentressangle par l’Américain XPO Logistics le mois dernier, c’est cette fois-ci le carrossier industriel français Lamberet qui vient de passer sous pavillon chinois. Le 8 mai 2015, le groupe Caravelle a en effet vendu 100% des actions de Lamberet SAS à Xinfei France, filiale de la holding publique chinoise Avic (Aviation Industry Corporation of China). Leader dans le secteur aéronautique en Chine, également présent dans les secteurs de l’automobile et de la logistique, ce géant industriel emploie 400.000 collaborateurs dans 200 sociétés présentes dans plus de 100 pays.
Pas de délocalisation à l’ordre du jour
Société familiale spécialisée dans le transport frigorifique fondée en 1935, Lamberet avait connu une situation difficile, avant sa reprise en avril 2009 par Arcole Industries, du groupe Caravelle, suite à la liquidation judiciaire de Lamberet Construction Isothermes SA. Elle s’est pourtant redressée de manière spectaculaire, en doublant son chiffre d’affaires, passé de 70 millions au moment de sa reprise, à 140 millions d’euros en 2014. Ce revirement s’est opéré grâce à une restructuration en profondeur de l’entreprise, avec une politique d’embauche ambitieuse – plus de 300 nouveaux salariés en trois ans – ainsi qu’au renouvellement de ses gammes.
« Le changement d’actionnariat n’entraîne pas de modification dans l’organisation managériale et dans le fonctionnement général du groupe », précise un communiqué du carrossier constructeur, qui emploie aujourd’hui 850 personnes dans ses usines de Saint-Cyr-sur-Menthon (01), Vonnas (01), Sarreguemines (57) et Gross-Rohrheim (Allemagne, Hesse), suite au rachat, en 2003, du carrossier allemand Kerstner, spécialisé dans le véhicule utilitaire frigorifique. « Aucune délocalisation n’est à l’ordre du jour », a tenu à préciser Erick Mejean, directeur général de l’entreprise, qui conserve son poste et entre dans le comité de surveillance de Lamberet SAS.
4.800 semi-remorques, porteurs et véhicules utilitaires vendus en 2014
« Désormais adossé à un groupe industriel puissant, Lamberet pourra renforcer sa capacité d’innovation et sa compétitivité en profitant des synergies R&D et achats du groupe Avic », a déclaré Erick Mejean. En 2014, le carrossier constructeur a produit 4.800 unités, dont 1.800 semi-remorques, 1.800 véhicules utilitaires et 1.200 porteurs. Son usine principale de Saint-Cyr-sur-Menthon annonce une capacité de production de 17 véhicules industriels et 16 véhicules utilitaires par jour.
Lamberet propose des carrosseries frigorifiques de 1 à 300 m3 : coffres et remorques, fourgons, plancher et châssis cabine pour les véhicules utilitaires ; caisses pour porteurs, camions remorques, semi-remorques et caisses mobiles pour les véhicules industriels.
Nouvelle usine et nouveaux marchés
Présent dans 37 pays d’Europe et du Moyen-Orient, Lamberet réalise plus de la moitié de ses ventes à l’export. Avec une hausse de 50% de son carnet de commande sur les 4 premiers mois de l’année 2015, par rapport à l’année dernière, le carrossier profite actuellement de la forte demande en Europe du Sud et Afrique du Nord, qui compense la fermeture des marchés ukrainiens et russes. A terme, ce nouveau rachat pourrait lui ouvrir les portes des marchés chinois et d’Amérique du Nord, où la société n’est pas présente.
Et ce rachat par des capitaux chinois ne semble pas arrêter son développement : dès juin 2015, ce niveau de commande croissant sera accompagné par le passage en trois équipes sur son site de Sarreguemines, consacré à la fabrication de matériaux composites isolants. Erick Mejean a également annoncé qu’un projet d’installation d’une nouvelle unité de production de 20.000 m2 en France, dédiée aux véhicules de moins de 7 tonnes, devrait voir le jour d’ici deux ou trois ans : « Nous regardons naturellement du côté de la plaine de l’Ain. Toutefois, je rencontre en Bourgogne et à Villefranche-sur-Saône des gens tout à fait disposés à nous accompagner ».
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